Les changements de paradigmes en éducation : une nécessité
Je ne vois pas d'autres choix que de débuter ce billet en
dévoilant que je suis un peu une rebelle en éducation, ayant gardé mes garçons
à la maison jusqu'à la fin du primaire. Je l'avoue, j'ai toujours été et je
suis encore assez critique envers notre système actuel. Je le vois souvent
comme désuet et peu adapté, surtout pour celles et ceux qui, comme mes enfants, ont un
profil atypique. Cette critique est renforcée par des penseurs modernes comme
le regretté Sir Ken Robinson, dont les idées sur les systèmes éducatifs d’une
autre époque, basés sur un modèle industriel (Lepri, 2011), résonnent
particulièrement avec mes propres observations.
Papi, C. (2016). De l’évolution du métier d’enseignant à
distance. STICEF, 23. http://sticef.univ-lemans.fr/num/vol2016/03-papi-ensaccapp/sticef_2016_NS_papi_03.htm
La nécessité de repenser nos modèles éducatifs n'est pas
seulement une question de préférence personnelle, mais une adaptation
obligatoire à notre ère actuelle, très numérique, et à la diversité des
personnes apprenantes d’aujourd’hui. L'enquête ICOPE 2016 nous montre que nos
classes changent. Elles sont de plus en plus hétérogènes, non seulement en
termes de besoins, mais aussi de parcours et d'attentes (Bonin et Girard,
2017). Parallèlement, le rapport de recherche du EDUCAUSE Center for
Analysis and Research (Gierdowski, 2019) montre qu’une majorité
d’étudiantes et d’étudiants préfèrent l'enseignement en présentiel, mais que
plusieurs d’entre eux et elles bénéficient et préfèrent la formation en ligne
pour sa flexibilité et son accessibilité. Cette transition vers des
environnements d'apprentissage plus inclusifs et adaptatifs est une réponse à
des besoins particuliers grandissants et des réalités bien variées.
Dans mon travail de conceptrice pédagogique, je m'efforce de
placer la personne apprenante au centre de l'expérience éducative. Je favorise
une pédagogie active avec des activités engageantes et pertinentes. Je tente
également de penser à ce qu’ils auront entre les mains pour suivre le cours et
d’adapter le contenu pour différentes possibilités. Après tout, les technologies,
bien utilisées, sont un atout (Papi, 2016). Cela dit, les défis demeurent,
surtout dans des projets où l'évaluation traditionnelle et les grilles de
correction prédominent. Néanmoins, même dans ces contextes, je cherche à rendre
l'apprentissage intéressant et significatif, en aidant du mieux que je le peux les
étudiants et étudiantes à ancrer leurs nouvelles compétences dans leur future
réalité professionnelle.
Face à ces défis et opportunités, je reste convaincue que
les changements de paradigmes sont une nécessité et qu'ils sont inévitables en éducation. Il faut s’adapter
à la réalité d’aujourd’hui… qui est différente à celle de demain! Chaque actrice et acteur du système éducatif,
muni de créativité et d'une volonté de voir au-delà des modèles traditionnels,
peut contribuer à une évolution significative. Notre but doit être de créer une
éducation qui non seulement prépare les personnes étudiantes à un avenir dont
on ne connaît pas encore toutes les composantes, mais aussi respecte et
valorise leur diversité et individualité.
Références
Bonin, S. et Girard, S. (2017). Analyse descriptive des
caractéristiques des étudiants. Dans Enquête ICOPE 2016 – Rapport d’enquête,
Direction de la recherche institutionnelle, Université du Québec. http://www.uquebec.ca/dri/publications/rapports_de_recherche/rapport_enquete_icope_2016_vf.pdf
Gierdowski,
Dana C. ECAR Study of Undergraduate Students and Information Technology, 2019. Research
report. Louisville, CO: ECAR, October 2019. https://library.educause.edu/-/media/files/library/2019/10/studentstudy2019.pdf
Lepri, J-P. (2011). Du paradigme de l’éducation. Récupéré du site YouTube : https://youtu.be/e1LRrVYb8IE
Lepri, J-P. (2011). Du paradigme de l’éducation. Récupéré du site YouTube : https://youtu.be/e1LRrVYb8IE
Encore une fois, Marie-Noëlle, nos visions se rejoignent. En effet, nous pensons toutes deux que l’éducation a le devoir de changer. Les enseignant.es doivent ajuster leurs pratiques aux élèves qu’ils ont devant eux. D’ailleurs, la compétence 7 (Tenir compte de l’hétérogénéité des élèves) et la compétence 11 (S’engager activement dans un développement professionnel continu et dans la vie de la profession) du Référentiel de compétences professionnelles: profession enseignante (Ministère de l’Éducation, 2020) indiquent que les enseignant.es devraient mettre à jour leurs pratiques. Par contre, je pense que ce changement de paradigme doit être précédé d’un leadership institutionnel qui fait parfois défaut à plusieurs niveaux politiques (ça, c’était l’éditorial du jour…) Que l’enseignement soit fait en ligne ou en classe, l’élève devrait toujours être au centre des préoccupations. Et si celleux qui sont en classe changent, c’est un non-sens que de rester ancré.e dans des pratiques qui n’ont pas prouvé leur efficacité avec la clientèle actuelle. Si les pratiques actuelles ne font pas réussir le plus grand nombre d’élèves, alors pourquoi persister dans leurs usages? Ça, c’est un combat quotidien…
ReplyDeleteMinistère de l’Éducation (2020). Référentiel de compétences professionnelles : profession enseignante. (s. l.). Gouvernement du Québec.
Repéré à https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/education/publications-adm/devenir-enseignant/referentiel_competences_professionnelles_profession_enseignante.pdf?1606848024