La pédagogie active dans un cours asynchrone en ligne
Pour moi, une formation en ligne intéressante en est une qui met la personne apprenante en action et qui sollicite ses habiletés cognitives de haut niveau. Pas tout le temps, il faut quand même doser et varier les méthodes d’enseignement utilisées (Bates, 2015) pour bien atteindre les objectifs du cours / de la formation.
Dans le cas des cours sur lesquels je travaille, je dois mettre de côté tout ce qui demanderait d’échanger avec ses pairs ou de coopérer. Ce
sont des cours asynchrones utilisés dans divers contextes (parfois en classe,
parfois de la maison). Cependant, il existe de nombreuses autres façons de
mettre la personne apprenante en action. « Parmi
ces stratégies, on peut penser à l’apprentissage par problème, à
l’enseignement par les pairs, à des simulations, à des jeux de rôles, à
l’apprentissage par projet, à des laboratoires » (Ducharme, 2018).
Même en mettant de côté l’enseignement par les pairs et les
laboratoires qui ne sont pas impossibles pour des cours en ligne, mais qui
demandent des ressources qui ne me sont pas disponibles, il existe plusieurs
stratégies qui s’utilisent bien dans le cadre d’un cours asynchrone. Pour solliciter
« des habiletés
cognitives d’ordre supérieur, des habiletés complexes qui produisent souvent
des solutions multiples et qui améliorent la pensée critique et la
compréhension conceptuelle »
(Ducharme, 2018), j’utilise des taxonomies reconnues en éducation (entre
autres la taxonomie de Bloom révisée par Anderson et Krathwohl) pour bien
choisir ce qui est demandé à la personne apprenante.
Un avantage d’opter pour des activités engageantes dans un
cours en ligne qui peut être utilisé en salle de classe est qu’il vient réduire
certains des risques liés à la pédagogie active (Normand, 2017) : le
personnel enseignant n’a pas à connaître en profondeur la pédagogie active, car
l’activité est déjà planifiée et réfléchie. Il peut donc, avec confiance,
intégrer de ce matériel dans ses cours. Les risques pour les personnes
apprenantes restent les mêmes, mais des risques existent, peu importe les
stratégies utilisées. Des apprenantes et apprenants qui ne participent pas, qui
n’utilisent pas des processus cognitifs de haut niveau, qui n’apprennent pas en
profondeur ou n’aiment pas leur expérience d’apprentissage (Normand, 2017), il
y en a partout, selon moi.
(Est-ce que je me permets une parenthèse ? Je crois que oui ! Parlant de pédagogie active, la semaine dernière, je me suis déplacée à la Journée du numérique en éducation et en enseignement supérieur avec un seul but : voir la présentation sur l’Unité virtuelle de soins, développée par l’UQAR. C'est une solution d’immersion, multimodale, qui permet aux personnes qui étudient en santé de pratiquer leur jugement dans des situations authentiques et critiques. Ce genre de solution, pour moi, c’est juste WOW !)
Références:
Ducharme, J-F. (2018). « En classe! »: stratégies pédagogiques au postsecondaire. Actualités UQAM. Récupéré de https://actualites.uqam.ca/2018/en-classe-strategies-pedagogiques-au-postsecondaire/
Normand, L. (2017). L’apprentissage actif : une question de risques… calculés. Pédagogie collégiale, vol. 31, no. 1. Récupéré de https://ena01.uqam.ca/pluginfile.php/7477773/mod_label/intro/normand%20%282017%29-vol.31-1.pdf
Bates, A.W. (2015). L’enseignement à l’ère numérique. Récupéré de https://teachonline.ca/sites/default/files/pdfs/tony_bates-teaching_in_a_digital_age-fre.pdf
Je suis d’accord avec toi dans le sens qu’il n’est pas évidant, en tant qu’enseignant et dans un contexte numérique de rester attentif de façon continuelle à la création du contenu et des activés qui génèrent de l’apprentissage en profondeur et durable, le tout en restant innovateur et réflexible. D’ailleurs, les apprentissages de haut niveau passent par la pensée critique dans les apprentissages sociaux, la prise de décisions et la résolution des problèmes complexes (Albero, 2011; Bates, 2023; Williams et Bates, 2022; Normand, 2017; Senécal, 2015). Dans ce sens, il me semble que viser le développement de l’autonomie et la gestion de l’incertitude serait des compétences incontournables dans un changement de paradigme en éducation, notamment dans un contexte numérique. Ainsi, la responsabilité de rester engagée et créative serait partagée entre l’enseignante et les personnes apprenantes afin d’encourager la mobilisation des savoirs et promouvoir l’acquisition des nouvelles connaissances significatives (Albero, 2011; Normand, 2017; Papi,2016).
ReplyDeleteRéférences bibliographiques
Albero, B. (2011). Le couplage entre pédagogie et technologies à l’université : cultures d’action et paradigmes de recherche. Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire / International Journal of Technologies in Higher Education, 8 (1-2), 11–21. https://doi.org/10.7202/1005779ar
Bates, A. W. (2023). L’enseignement à l’ère numérique — 3e édition. Tony Bates Associates Ltd
Normand, l. (2017). L’apprentissage actif : une question de risques… calculés. Réflexion pédagogique. Dans pédagogie collégiale, Automne 2017 vol. 31, no 1
Papi, C. (2016). De l’évolution du métier d’enseignant à distance, Sticef, vol. 23, 2016. https://r-libre.teluq.ca/920/1/sticef_2016_NS_papi_03p.pdf
Senécal, I. (2015). Un monde en changement. Collège Sainte-Anne. https://ameqenligne.com/news_pdf/pdf_docs__20150914110922.pdf
Williams, A. Bates, T. (2022). Les modelés d’enseignement en ligne, chapitre 4. Teaching in a digital age (237-322)
J'apprécie beaucoup que tu utilises le terme "activité engageante" 😊. En complément de ce que tu mentionnes sur la pédagogie active et les risques liés à son utilisation lorsqu'un enseignant n'est pas toujours formé pour cela, il serait utile d'ajouter une rétroaction d'un conseiller pédagogique (Bergeron, 2018). Même si l'activité est bien planifiée et réfléchie, il est essentiel que l'enseignant adopte une démarche réflexive sur son utilisation auprès des apprenants. Cela l'aidera à renforcer son sentiment d'efficacité professionnelle et lui permettra d'améliorer ou même d'enrichir l'activité (Moreau, 2021).
ReplyDeletePar ailleurs, l'enseignement collaboratif ou par les pairs peut se faire à travers un blogue, comme nous le faisons, mais aussi par un travail collaboratif sur un canal numérique commun (Bates, 2015). Je trouve qu'à l'ère numérique, les ressources disponibles et ce que nous pouvons en faire offrent des possibilités infinies ! Mais je comprends que cela n’aura pas le même impact qu’un travail en présence en équipe.
Pour moi, la pédagogie active est essentielle pour que l’apprenant intègre les notions acquises lors de situations d’apprentissage authentiques. Rien n'est plus efficace que de proposer une activité qui permet à l’apprenant de mettre en pratique ses connaissances et ainsi de libérer tout son potentiel.
Références :
Bates, A.W. (2015). L’enseignement à l’ère numérique. Récupéré de https://teachonline.ca/sites/default/files/pdfs/tony_bates-teaching_in_a_digital_age-fre.pdf
Bergeron, G. & Prud’homme, L. (2018). Processus de changement vers des pratiques plus inclusives : étude de la nature et de l’impact de conflits cognitifs. Revue des sciences de l’éducation, 44(1), 72–104. https://doi.org/10.7202/1054158ar
Moreau, C. (2021) Soutenir le sentiment d’efficacité personnelle des personnes enseignantes en enseignement supérieur en contexte d’imprévus. Pédagogie universitaire volume10 numéro 4 Soutenir le sentiment d’efficacité personnelle des personnes enseignantes en enseignement supérieur en contexte d’imprévus | Pédagogie